<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-12732184</id><updated>2011-04-21T23:42:09.977-04:00</updated><title type='text'>Les éditions Alphus &amp; Zabrovski</title><subtitle type='html'>Ce blogue est destiné à vous faire connaître les événements reliés à notre maison d'édition et à vous permettre de découvrir, au fil des jours, quelques oeuvres visuelles et littéraires de notre cru.

Nous nous désolidarisons de tout ce qui peut ressembler de près ou de loin à la boue académique et mièvre figurant en général sur la liste des meilleures ventes.

Alphus et Zabrovski vous souhaitent la bienvenue.</subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://alphuszabrovski.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/12732184/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://alphuszabrovski.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><author><name>alphus-zabrovski</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08930776194117748316</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>5</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-12732184.post-111652220493760371</id><published>2005-05-19T13:03:00.000-04:00</published><updated>2005-05-19T13:08:45.296-04:00</updated><title type='text'>Galerie de photos sur le web</title><content type='html'>Juste une petite note pour les amateurs de photo:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vous pouvez visiter la galerie suivante:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://arbenine.deviantart.com/"&gt;http://arbenine.deviantart.com/&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les images qui y sont affichées ont été créées par Christophe Duret.&lt;br /&gt;Certaines d'entre elles figurent sur le recueil "L'un d'entre nous devra y passer"&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/12732184-111652220493760371?l=alphuszabrovski.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://alphuszabrovski.blogspot.com/feeds/111652220493760371/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=12732184&amp;postID=111652220493760371' title='7 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/12732184/posts/default/111652220493760371'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/12732184/posts/default/111652220493760371'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://alphuszabrovski.blogspot.com/2005/05/galerie-de-photos-sur-le-web.html' title='Galerie de photos sur le web'/><author><name>alphus-zabrovski</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08930776194117748316</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>7</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-12732184.post-111553142593670580</id><published>2005-05-08T01:46:00.000-04:00</published><updated>2005-05-08T01:50:25.943-04:00</updated><title type='text'>La machine à souffrir</title><content type='html'>Cette nouvelle est extraite du recueil &lt;em&gt;L'un d'entre nous devra y passer:&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;par Emmanuel Duret&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;La machine à souffrir&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans un cours laps de temps, les sillons des labours se remplirent du sang d’innocentes têtes blondes, et plus aucune herbe ne parvint à percer la lourde croûte de sang séché qui recouvrait la terre. Les poètes, pour qui tout est source d’alexandrins emphatiques, clamèrent au clair de lune, de pathétiques sonnets évoquant l’infanticide.&lt;br /&gt;Les sentiers réservés aux pèlerins perdirent leur éclat céleste, et ce n’est qu’à contrecœur qu’ils disparurent sous les gravats que le vent charriait.&lt;br /&gt;Ainsi saignée à blanc, l’enfance échappait aux griffes de la machine. Il valait mieux mourir que souffrir. Toute personne censée aurait fait de cette vérité, un modus vivendi : « L’existence est une machine à souffrir bien plus redoutable que n’importe quel engin de mort ».&lt;br /&gt;Très vite, les enfants affluèrent de tout le pays et tous comprirent la nécessité de disparaître. Sur la lourde porte de l’engin était inscrit en lettres d’or : « Les sens ne servent qu’à nous désoler ».&lt;br /&gt;Il ne fut pas nécessaire de leur expliquer que le bonheur se désagrège à mesure que les sens s’affûtent. Grandir n’est plus un privilège. La cervelle ne supportait plus les relents nostalgiques qui agissaient sur l’organe gris, comme un étau de torture.&lt;br /&gt;*&lt;br /&gt;-Et qu’arrivera-t-il ensuite, demanda l’enfant?&lt;br /&gt;- Je ne sais pas, répondit un autre enfant. Nous serons libres, je crois.&lt;br /&gt;Le gardien qui faisait entrer les enfants un par un dans l’engin, s’approcha et rassura les enfants :&lt;br /&gt;-L’engin vous offre la meilleure issue de votre existence. Soyez conscients de la chance qui vous est offerte. Nous, les aînés, ne l’avons pas eue!&lt;br /&gt;- Il paraît que ça fait mal Monsieur, dit le premier enfant.&lt;br /&gt;- C’est vrai, affirma le gardien, mais après, tout sera fini! Ton sang versé nourrira la terre qui engendrera un homme nouveau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puis le gardien fit entrer les enfants dans l’engin et referma la porte sur eux. Il pensa encore une fois qu’il aurait aimé avoir la même chance. Il aurait aimé échapper aux griffes de la machine à souffrir qui chaque jour effectuait son travail de sape. À chaque instant, il avait sous les yeux l’inscription sur la porte qui lui rappelait l’origine du mal. Il pensait :&lt;br /&gt;-Y aura-t-il une fin à cette chaîne d’enfants? Serai-je un jour le dernier de cette file, celui qui fermera la marche et la porte pour ne plus voir les inscriptions en lettre d’or?&lt;br /&gt;Il regarda au loin, le plus loin qu’il pu, mais il ne vit que l’horizon, et les enfants. Longtemps encore il devrait ouvrir et fermer cette porte. Il verrait encore de nombreuse fois les enfants emporter avec eux leur innocence. Derrière l’engin, un sang pur irriguait la terre et séchait lentement au soleil.&lt;br /&gt;- Les sens sont désolants, accablants, et je ne suis qu’un homme, théoriquement! Le cerbère d’un engin de mort, seul remède à notre souffrance. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                                                                  Fin&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/12732184-111553142593670580?l=alphuszabrovski.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://alphuszabrovski.blogspot.com/feeds/111553142593670580/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=12732184&amp;postID=111553142593670580' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/12732184/posts/default/111553142593670580'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/12732184/posts/default/111553142593670580'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://alphuszabrovski.blogspot.com/2005/05/la-machine-souffrir.html' title='La machine à souffrir'/><author><name>alphus-zabrovski</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08930776194117748316</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-12732184.post-111553000927026258</id><published>2005-05-08T01:20:00.000-04:00</published><updated>2005-05-08T01:26:49.280-04:00</updated><title type='text'>No man's land</title><content type='html'>Cette  nouvelle figure sur le recueil &lt;em&gt;L'un d'entre nous devra y passer :&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;strong&gt;No man's land&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;par Christophe Duret&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- D'après toi, depuis combien de temps sommes-nous dans cette ville ?&lt;br /&gt;- Cinq semaines, peut-être six.&lt;br /&gt;- Depuis six mois, Dylan. Nous sommes ici depuis six interminables mois. Qu'attendons-nous pour partir? Je ne peux plus supporter cet hôtel, ces murs, ces rues, les maisons abandonnées, les mannequins mutilés, calcinés, hommes, femmes et enfants que par dérision des militaires ont dotés de visages d'agonie. Six putain de mois à tourner en rond au même endroit. Allons-nous y passer notre vie ?&lt;br /&gt;- Écoute, mon amour, je suis heureux ici, comme je ne l'ai jamais été auparavant. Comprends-moi.&lt;br /&gt;- Chéri, je suis enceinte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;       Long travelling latéral sur City of Agony, une petite ville du Nevada, en plein coeur du désert.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Fondée en 1879, City of Agony connut des jours prospères au début du siècle. Dûrement touchée par la grande Dépression de 1929, elle fut désertée par sa population. L'armée  y mena des essais nucléaires à la fin des années soixante et depuis, la ville demeure sinistrée. Ses rues sont désertes. Des mannequins sinistres portent sur eux la torture du feu et des radiations. La vie semble inexistante, mais pourtant, en y regardant de plus près, vous trouverez de nombreux arthropodes. (gros plan sur un scorpion dévorant l'un de ses congénères) Ces créatures possèdent une tolérance incroyablement élevée aux radiations. Elles peuvent supporter un taux de radiations allant jusqu'à 1000 RAD.  Par comparaison, un être humain ne pourrait tolérer plus de 100 RAD avant de mourir...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;       Dylan et Mary prenaient tous leurs repas dans le coquet petit restaurant de l'hôtel. Trois fois par jour la table était dressée. Les plats fumaient. Les couverts disposés avec soin étaient d'une propreté impeccable. Ils s'asseyaient et mangeaient, buvaient le champagne soigneusement disposé à leur intention dans un seau de glace.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;       Le ménage de la chambre se faisait tous les jours. Les draps sentaient la lavande. Les bouteilles de whisky vidées par les soins de Mary disparaissaient aussitôt la dernière gorgée prise. Les nuits de débauche ne ressemblaient plus à la débauche. Tout était lavé, récuré, jeté après usage. Jamais rien ne traînait. Quelqu'un prenait soin de Dylan et Mary, les laissant entièrement libres de s'adonner à l'oisiveté. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;       Pedro versa quelques gouttes de sédatif dans la bouteille. Mary dormirait d'un sommeil lourd et sans rêve. Dylan ne s'apercevrait de rien, perdu comme à chaque nuit dans ses rêves.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;       Comme elle était belle, enroulée dans ses draps blancs immaculés, inerte et blême. Ô combien il la désirait... Devait-il continuer de l'aimer en silence, à la prendre en secret ? Qu'adviendrait-il alors de leur amour, s'il se dévoilait devant elle ? Aimerait-elle le petit Pedro qui veille depuis tant de mois sur elle ? Il saisit un rasoir et le posa contre la gorge de Dylan. Il aurait voulu le voir mort. Mary se serait réveillée, elle aurait ri beaucoup et regardé langoureusement l'assassin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Dis-moi, Dylan, tu n'as jamais trouvé étrange que l'on vive dans cet hôtel depuis si longtemps sans jamais avoir rencontré quiconque ?&lt;br /&gt;- Tu trouves ça étrange, toi de ne rencontrer personne dans une ville abandonnée ?&lt;br /&gt;- Mais la nourriture, sur la table, le ménage, toutes ces petites attentions...&lt;br /&gt;- Ne te casse pas la tête avec ces trucs là.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;       Défilé de photos en noir et blanc de la population de City of Agony, datant de 1967.&lt;br /&gt;- Au cours de l'année 1967, une partie de City of Agony fut repeuplée. Des chercheurs travaillant pour l'armée étudièrent les effets des radiations sur la population. Les cobayes furent relocalisés quelques mois plus tard, lorsque les résultats leur apparurent satisfaisants. Nous n'avons pû retracer ces gens, leurs dossiers étant tenus confidentiels par le gouvernement. Cependant, nous savons de source officieuse que peu d'entre eux seraient vivants à l'heure actuelle.&lt;br /&gt;      &lt;br /&gt;       Extrait d'un film amateur tourné en 8mm montrant une fillette courant dans un jardin avec son petit frère. En fond sonore, une musique tragique qui se termine sur un accord dissonnant, coordonné avec un gros plan de la même fillette soufflant les bougies de son gâteau d'anniversaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;        Mary regarderait langoureusement l'assassin, sans se troubler devant son corps dévoré par une étrange affliction. Sa main se poserait sur son visage pour caresser chacune de ses difformités. Elle le prendrait dans ses bras. Ils feraient l'amour sans hâte aux côtés de Dylan, sans se soucier de ses crises de jalousie. Le lendemain viendrait le temps pour les nouveaux amants de quitter définitivement cette ville qui dévorait Pedro depuis de trop nombreuses années.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;       Les mois passaient sur City of Agony sans que le temps ne semble s'écouler. Le désert est une seule et unique saison et la ville, une absence d'attractions.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Documents d'archives : City of Agony au début du XXe siècle.&lt;br /&gt;- Autrefois, City of Agony était une ville frénétique où les pionniers faisaient étape au milieu de leur périple vers l'Ouest. Des prospecteurs s'y enterraient quelques semaines pour goûter au plaisir des blanches cuisses péripatéticiennes, des tord-boyaux locaux et des tables à cartes. Avant 1929, le commerce y était florissant. Les puits de pétrole attiraient de la main d'oeuvre de partout à  travers le pays.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Enceinte, et depuis quand ?&lt;br /&gt;- Je ne sais plus, Dylan, fous-moi la paix...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;       Entre les jambes de Mary couraient de petits arthropodes. Ils jouaient gaiement sous le regard méfiant de leurs parents qui se tenaient un peu à l'écart. Ces deux colonnes en blue-jeans ne leur inspiraient guère confiance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;       Sur le visage de Dylan ne se lisait ni joie ni angoisse. Il allait être père sans grande conviction. À City of Agony, la sérénité était totale. Il se leva, fouilla du pied un carré de sable et s'éloigna les mains dans les poches. Sous sa semelle restait accrochée une galette de carapaces et de liquide visqueux blanc, la jeune portée arthropode.  &lt;br /&gt;       Séquences caméra à l'épaule: Les rues de City of Agony aujourd'hui. On passe devant une boutique de lingerie aux vitrines soufflées. Une femme mannequin se tient derrière le comptoir, les bras protégeant son visage, dernier réflexe avant de mourir consumée par les flammes. Une autre essaie un porte-jartelle. Elle arbore le coquin sourire d'une femme qui s'apprête à rejoindre son amant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;       - Au moment de l'explosion, la chaleur était si intense que le bitume aurait vraisemblablement fondu. Les rues semblent aujourd'hui figées dans un mouvement d'ondulation, pareilles à des cours d'eau que fait frémir le vent. Bon nombre des mannequins-tests furent volatilisés par le souffle de la bombe, mais quelques-uns sont intacts. Ils participent à l'étrange sentiment de désolation qui vous glace l'échine en arrivant dans la ville fantôme.   &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;       La cuisine dégageait une intense chaleur. Pedro était aux fourneaux. Cela faisait un an jour pour jour que ses invités avaient franchi les barbelés qui circonscrivaient la ville. En digne Amphitryon, il leur prépara un festin pantagruélique et n'omit aucune douceur, en particulier pour Mary, qui craquait pour ses fraises à la chantilly. Pedro l'observait croquer dans ses fruits en catimini. Le plaisir qu'il prenait à la voir faire le fit défaillir. Un jour, il se montrerait à elle au grand jour. Il l'enlèverait pour la marier, loin de cette ville. Fini, l'amour sous sédatif...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;       À table, Dylan fixait son assiette d'un regard vide. Il ne toucha ni à la truite saumonée, ni aux asperges. Sa mousse au chocolat fit un régal pour les fourmis. Mary l'observa longuement. Des doutes la saisissaient à propos de la paternité de l'enfant qui se développait dans sa matrice. Depuis combien de temps il ne l'avait pas touchée ? Le bébé serait pour bientôt. Juillet. Nous étions en mai.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***    &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;       Un mur lui barre le chemin. Trop tard pour le mâle. Aucun espoir de s'en sortir vivant. La femelle plante son dard dans sa tête. Le poison agit avec célérité. Quelques spasmes parcourent la carapace de l'infortuné qui agonise trois courtes secondes avant de rendre son dernier souffle. La femelle dévore sa proie sous les yeux de son rejeton, l'unique enfant de la portée à avoir survécu à l'hécatombe des blue-jeans.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;       - Il n'est pas dans la nature des arthropodes de s'en prendre à leur lignée. Ces créatures ont à coeur la survie de leur espèce.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;       - Comment peut-on se lasser un jour de ce paysage... Immuable, mais pourtant rempli de subtilités chromatiques. Jamais le soleil n'a habillé ces dunes de la même teinte, découpé les mêmes ombres sur leurs sillons. Et cette ville... City of Agony est une âme qui me parle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;       Je suis incapable de comprendre l'urgence qui habite Mary. Pourquoi quitter ces lieux ? A-t-on jamais manqué de quoi que ce soit ici ? Je suis un arthropode. Mary est d'une toute autre nature...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;       Seule dans l'hôpital désaffecté, Mary expulsa la créature de son ventre dans d'indicibles souffrances. Elle contempla l'oeuvre de sa chair. Si les mannequins avaient été humains, ils auraient entendu un hurlement qui leur aurait glacé le sang. Elle s'évanouit immédiatement après.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;       À la faveur de la nuit, Pedro la ramena à sa chambre et prit le bébé. Son aspect était des plus repoussant. Des membres inachevés, des moignons lui tenaient lieu de mains, de pieds. Son visage rongé, sans nez, sans lèvres, sans paupières. Un foetus difforme extra-utérin. Il ne criait pas, ne pleurait pas, respirait à grande peine à travers ses orifices atrophiés. Pedro se reconnut en lui. Il n'avait aucun doute sur sa paternité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;       Dehors, Dylan contemplait la voûte céleste le coeur serein, l'âme ailleurs. Couché sur le bitume encore chaud, il se laissa recouvrir par un grouillant tapis d'arthropodes. Leur dard pénétrait dans son corps qui se tuméfiait. Sa peau bleuit. Les arthropodes dévorèrent avidement sa chair.&lt;br /&gt;       Dylan ne vit pas arriver Pedro, ni la barre à mine qu'il leva au-dessus de sa tête avant de lui éclater le crâne avec. Dylan était déjà mort. Dylan s'en moquait. Dylan était un arthropode. Il mourut comme l'un des leurs.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;       City of Agony au couché du soleil. Au loin résonnent en écho les cris sauvages des coyotes qui se disputent une carcasse. La lumière crépusculaire de la scène est un incendie sur la ville. Fondu enchaîné sur le générique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;       - Ne pleure pas, petite Mary, je veille sur toi,  je veillerai sur notre enfant. Je serai un papa idéal. Nous serons heureux tous les deux. Nous quitterons City of Agony et bâtirons le plus doux des foyers là-bas, loin de cette ville. Ne vois-tu pas qu'il est temps de tout reconstruire ? Je t'aime, Mary, je suis fou de toi ! Partons ensemble !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Fin -&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/12732184-111553000927026258?l=alphuszabrovski.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://alphuszabrovski.blogspot.com/feeds/111553000927026258/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=12732184&amp;postID=111553000927026258' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/12732184/posts/default/111553000927026258'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/12732184/posts/default/111553000927026258'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://alphuszabrovski.blogspot.com/2005/05/no-mans-land.html' title='No man&apos;s land'/><author><name>alphus-zabrovski</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08930776194117748316</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-12732184.post-111552917511829886</id><published>2005-05-08T01:00:00.000-04:00</published><updated>2005-05-08T01:12:55.310-04:00</updated><title type='text'>Événements précédents</title><content type='html'>13 novembre 2004,&lt;br /&gt;Edifice Robert-Lionel Séguin, Rigaud&lt;br /&gt;Lancement du recueil &lt;em&gt;L'un d'entre nous devra y passer,&lt;/em&gt; exposition photographique et installation vidéo&lt;br /&gt;Emmanuel et Christophe Duret&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;23 décembre 2004,&lt;br /&gt;Divan Orange, Montréal&lt;br /&gt;Lancement du recueil &lt;em&gt;L'un d'entre nous devra y passer, &lt;/em&gt;exposition photographique et installation vidéo (bis)&lt;br /&gt;Emmanuel et Christophe Duret&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;décembre 2004 - mars 2005,&lt;br /&gt;Collège des Douanes, Rigaud&lt;br /&gt;Exposition photographique&lt;br /&gt;Christophe Duret&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;24 mars 2005,&lt;br /&gt;Galerie La Manne, Montréal&lt;br /&gt;Exposition collective, peinture, photographie et installation vidéo&lt;br /&gt;Catherine Lemieux, Karine Bouchard et Christophe Duret&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/12732184-111552917511829886?l=alphuszabrovski.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/12732184/posts/default/111552917511829886'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/12732184/posts/default/111552917511829886'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://alphuszabrovski.blogspot.com/2005/05/vnements-prcdents.html' title='Événements précédents'/><author><name>alphus-zabrovski</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08930776194117748316</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-12732184.post-111552835401960973</id><published>2005-05-08T00:41:00.000-04:00</published><updated>2005-05-08T00:59:14.026-04:00</updated><title type='text'>Publications récentes</title><content type='html'>&lt;span style="font-family:georgia;font-size:130%;"&gt;&lt;em&gt;Et nous étions parfaitement au courant&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:georgia;font-size:130%;"&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;par&lt;/span&gt;&lt;/em&gt; &lt;span style="font-size:100%;"&gt;Emmanuel et Christophe Duret,&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Recueil de nouvelles et de photographies,&lt;br /&gt;mars 2004&lt;br /&gt;Épuisé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;em&gt;L'un d'entre nous devra y passer&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;par Emmanuel et Christophe Duret,&lt;br /&gt;Recueil de nouvelles et de photographies,&lt;br /&gt;novembre 2004&lt;br /&gt;Disponible sur commande au coût de 14 $ (transport inclu). Contactez-nous sur &lt;a href="mailto:alphus-zabrovski@hotmail.com"&gt;alphus-zabrovski@hotmail.com&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/12732184-111552835401960973?l=alphuszabrovski.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/12732184/posts/default/111552835401960973'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/12732184/posts/default/111552835401960973'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://alphuszabrovski.blogspot.com/2005/05/publications-rcentes.html' title='Publications récentes'/><author><name>alphus-zabrovski</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08930776194117748316</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry></feed>
